Bâtiment & énergie

Décret tertiaire 2026 : obligations, échéances OPERAT et sanctions

Antoine Auffray9 juin 20264 min de lecture

Des dizaines de milliers de bâtiments tertiaires sont concernés par le décret tertiaire, et beaucoup de propriétaires comme d'exploitants l'ignorent encore, jusqu'à recevoir une relance de l'administration. Le dispositif impose pourtant des objectifs précis et une déclaration annuelle.

Ce guide explique ce qu'est le décret tertiaire, qui est concerné, les objectifs à atteindre, la déclaration sur la plateforme OPERAT et les sanctions encourues. Les chiffres et échéances cités sont à confirmer auprès des textes officiels avant toute décision, le calendrier réglementaire évoluant régulièrement.


Qu'est-ce que le décret tertiaire (éco énergie tertiaire) ?

Le décret tertiaire, ou dispositif « éco énergie tertiaire », est le décret n°2019-771 pris en application de la loi ELAN. Il impose aux bâtiments à usage tertiaire de réduire progressivement leur consommation d'énergie finale, dans une logique de sobriété du parc immobilier français.

Il ne s'agit pas d'une simple recommandation : c'est une obligation réglementaire, assortie d'une déclaration annuelle et d'un régime de sanctions. Le suivi se fait via une plateforme nationale gérée par l'ADEME, baptisée OPERAT.


Qui est concerné ?

L'obligation vise les bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments hébergeant des activités tertiaires sur une surface de plancher égale ou supérieure à 1 000 m². En dessous de ce seuil, le bâtiment n'est pas assujetti.

Sont concernés aussi bien les propriétaires que les exploitants (locataires), qui doivent s'organiser pour répartir la collecte des données et la déclaration. Les activités couvertes sont larges : bureaux, commerces, hôtellerie, enseignement, santé, logistique, établissements de loisirs, administrations.


Les objectifs de réduction (2030, 2040, 2050)

Le décret fixe deux méthodes au choix pour démontrer sa conformité.

  • La méthode en valeur relative. Réduire la consommation d'énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à une année de référence librement choisie, postérieure ou égale à 2010.
  • La méthode en valeur absolue. Atteindre un seuil de consommation exprimé en valeur absolue (niveau Cabs), défini par catégorie d'activité.

Des modulations sont prévues lorsque les objectifs sont techniquement impossibles, patrimonialement contraints (bâtiments protégés) ou économiquement disproportionnés. Elles doivent être justifiées dans un dossier technique.


La déclaration OPERAT, mode d'emploi

La conformité se prouve par une déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT de l'ADEME. La marche à suivre est la même chaque année.

  1. Créer le compte et déclarer les bâtiments assujettis (surface, catégorie d'activité).
  2. Renseigner l'année de référence et ses consommations, une seule fois.
  3. Déclarer les consommations annuelles de chaque énergie, avant l'échéance fixée chaque année (autour de l'automne ; vérifier la date en vigueur).
  4. Récupérer l'attestation annuelle générée par la plateforme, avec la notation Éco Énergie Tertiaire.

Un audit énergétique, bien que distinct de cette déclaration, aide à bâtir la stratégie de réduction et à fiabiliser les données.


Sanctions en cas de non-conformité

Le non-respect des obligations expose à une procédure graduée : mise en demeure, puis, en cas d'inaction, publication du nom de l'organisme défaillant sur un site de l'État (le mécanisme dit « name and shame »), et amende administrative.

Le montant de l'amende reste modéré dans l'absolu (de l'ordre de 1 500 € pour une personne physique, 7 500 € pour une personne morale), mais le risque réputationnel de la publication pèse souvent davantage pour un gestionnaire de patrimoine. Les montants et modalités sont à vérifier dans les textes en vigueur.


Le rôle du bureau d'études et du cabinet d'audit énergétique

Atteindre les objectifs suppose une stratégie : collecte fiable des consommations, choix de l'année de référence, plan d'actions (travaux, pilotage, équipements). C'est le terrain des bureaux d'études et des cabinets d'audit énergétique, qui accompagnent les assujettis de la déclaration à la rénovation.

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Questions fréquentes

À partir de quelle surface est-on concerné par le décret tertiaire ?

À partir de 1 000 m² de surface de plancher dédiée à des activités tertiaires, que ce soit un seul bâtiment, une partie de bâtiment ou un ensemble sur une même unité foncière.

Qui doit déclarer, le propriétaire ou l'exploitant ?

Les deux sont concernés et doivent s'organiser pour répartir la collecte des données et la déclaration sur OPERAT, généralement par accord contractuel.

Quelle année de référence choisir ?

Une année pleine d'exploitation, postérieure ou égale à 2010. Le choix se fait une fois et sert de base au calcul des réductions.

Que risque-t-on en cas de non-déclaration ?

Une mise en demeure, puis, en cas d'inaction, la publication du nom de l'organisme et une amende administrative. Le risque réputationnel est souvent l'enjeu principal.

Faut-il réaliser un audit énergétique ?

Il n'est pas strictement imposé par le décret tertiaire, mais il est vivement recommandé pour bâtir une stratégie de réduction crédible. Il est distinct de l'audit énergétique réglementaire lié au DPE.


En résumé

Le décret tertiaire impose aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² une réduction de consommation de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050, avec une déclaration annuelle sur OPERAT et des sanctions en cas d'inaction. Anticiper la collecte des données et la stratégie de réduction est la meilleure protection.

Avant toute démarche, vérifiez les échéances et montants en vigueur auprès des textes officiels et, si besoin, d'un bureau d'études spécialisé.

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